une parent-thèse

Un blog pour partager nos expériences de parents ! Envoyez-moi vos textes !

22 octobre 2007

Faire une petite sieste ! (par Emma)

Faire une petite sieste !

 

Le dimanche on nettoie la maison, on lave le linge, on le plie, il ne faut pas oublier le repas, la douche (dans l'ordre ou le désordre peu importe). Les grands se lèvent tard, ils vont chez leurs copains  ou l'inverse et la maison se transforme en repaire d'ados (lorsque c'est l'inverse ils peuvent aussi manger à la maison).

 

Que voulez-vous c'est la jeunesse ! C'est vraiment animé, quelquefois ils sont 7 en tout ou plus.

 

Les petits-enfants sont plus toniques et il faut sans cesse les occuper, ce n'est pas difficile : du scotch des crayons et des feuilles, des stickers et le tour est joué ou un nécessaire à coiffer (j'ai droit aux bigoudis, rouge à lèvres etc.. Vous savez comment ça se passe non ? C'était comme ça avec nos enfants et maintenant avec nos petits-enfants). L'après-midi ils regardent la télé et j'en profite pour suspendre le temps pour un moment et faire une petite sieste bien méritée après une semaine de travail (mon corps de mammy fatiguée la demande). Je leur ai promis d'aller au parc après, alors les petits dessinent.

 

Mes yeux clignotent et je pars sans m'en rendre compte, avec en fond sonore les voix des petits qui parlent entre eux et la télé. Le son se fait de plus en plus lointain. Je me sens tomber dans un sommeil profond. Puis plus rien je suis déconnectée de la réalité.

 

Un chuchotement se fait entendre, on baisse la télé, on dit "chuut elle dors", on dit aussi "laisse dormir mammy !"

 

Quelques instants après je sens une petite main qui vient me toucher la tête, un gros bisou est déposé sur ma joue, après plus rien, puis je sens une brosse coiffer mes cheveux et une petite voix m'appelle "mammy fé dodo ?".

 

Quelqu'un arrive dans la salle à manger et demande "elle dort maman ?"

 

Juste après quelqu'un me tapote la joue et m'embrasse en me demandant "tu dors ? moi aussi je dors" puis sans réponse de ma part il s'allonge à son tour contre moi.

 

Quelqu'un d'autre pose quelque chose sur mes jambes et se couche en me lançant un "moi aussi je dors avec toi !"

 

Quelqu'un ouvre la porte fenêtre de la salle à manger et lance un "maman t'a pas vu......" Il se tait parce que tout le monde lui assène un "chuuuuut elle dort tu ne le vois pas ? et un "mammy dodo tonton" "Ben non je ne l'ai pas vu excuz"

 

Je sens quelqu'un dire aux autres "à moi mammy" grimper sur moi et s'asseoir sur mon ventre, puis mettre sa joue contre la mienne en me disant "t'aim".

 

J'ai juste somnolé un court moment.

SSA41979Voilà ce que donne l'instant kiss cool ! C'est pas beau ça ?

Emma

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08 mai 2007

Cet enfant (par Nelly)

C’est ma première colo. J’ai 18 ans tout pile. Je suis contente d’être là, même si j’ai le trac.
Je suis animatrice. Ils sont 8 dans 2 piaules. Ça fait juste 4 ou 5 ans qu’ils ont vu le jour, et on me les confie.
Je dois être grande.
C’est l’heure du premier inventaire. Moment crucial de découverte l’un de l’autre, moment où l’enfant se dévoile et l’adulte l’apprivoise.
C’est ton tour, tu as quatre ans. Et une fermeture éclair. Mais je ne le sais pas.
Sur le dessus de ta valise, une pochette plastique avec les ptits trous pour mettre dans un classeur, toute tordue, plein de papiers dedans. En couverture, une écriture géante : « si prise en charge médicale d’urgence nécessaire, problème cardiaque ou anesthésie même locale, appeler d’urgence l’hôpital …» et un numéro de téléphone. Rouge.
J’avais le trac. Maintenant j’ai peur : je n’suis pas sûre d’être assez grande.
Tu me regardes souriant : « oui, tu sais c’est pour ma fermeture éclair les papiers. Regarde.» Il soulève son maillot.
Je ne savais pas que c’était si grand un cœur d’enfant. « Mais tu sais, je suis guéri maintenant ». Je ne suis pas encore rassurée.
Petites chaussettes et autres shorts ont trouvé leur place. Et la photo de papa et maman. J’ai fait de mon mieux et je crois que tu vas bien.
La directrice me dit qu’elle savait. Je crois que j’aurais aimé ne pas le découvrir dans ta valise, il me faudra un peu de temps pour en être sûre.
La vie de la colo se déroule. Je me souviens de pompons, de balais, de musique, de leurs tronches, de leurs sourires et de leurs prénoms. On n’oublie pas les premiers. Je suis bien dans cette vie là.
Et je me souviens de vautours. On se promène au parc animalier, dans l’enclos des vautours. Tu t’approches un peu trop près, le vautour a peur. Toi aussi. Hurlement de terreur d’un enfant pas plus haut que deux vautours, ou trois pommes et demi.
Non. Pas d’un enfant. De cet enfant. Celui qui a une fermeture éclair et un numéro de téléphone rouge que j’ai appris par cœur.
Mon cœur à moi fait une pause et j’ai très chaud à l’intérieur. Un câlin et des mots ont suffit. Tu avais raison. Tu as l'air d'être guéri.
Et je sais que je peux trouver les mots, même quand j’ai très peur. Mais j’ai toujours eu le trac. C'est bon le trac.

Nelly

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18 novembre 2006

A Sacha (par Lili)

On imagine tous, ou avons déja imaginé, comment nous serions quand nous serions maman.
J'ai déja ma petite idée sur le sujet. Je vois très bien le style de mère que je serai.

Tout d'abord le prénom du monstre, depuis que je suis petite, je veux appeler mon enfant Sacha, que ça soit une fille ou un garçon, Sacha est un prénom mixte. Mon amoureux, enfin ça fait enfantin sur ce coup là amoureux, on cause gosse merde! Mon conjoint donc, trouve le prénom très à son goût.

Ha Sacha, tu n'existes pas encore, tu n'es même pas encore vraiment en projet, mais j't'imagine déja

Quand j'te conduirai à l'école et que les autres mamans me regarderont de travers parce que je porterai toujours un carré plongeant mechés flashy et des doc's passé la trentaine,
Quand ta maîtresse hurlera intérieurement quand je lui dirai que je ne veux pas qu'on te force à manger si tu n'as pas envie histoire que tu ne devienne pas boulimique adolescent(e),
Quand je te dirai de frapper le p'tit couillon qui s'fout de ta gueule et te conseillerai des techniques pour lui briser un membre,
Quand j'te gueulerai dessus parce que je te surprendrai à fumer puis qu'une heure plus tard je te piquerai une clope,
Quand ton papa me fera les gros yeux parce que je suis okay pour te payer ton piercing dans le nez,
Quand pour te bercer, le soir, je te mettrai les solos de Jimi Hendrix,
Quand je t'apprendrai les textes de Barbara par cœur,
Quand je te saoulerai avec mes "quand il y'a un "Si" il n'y'a pas de "rrrr" et mes "on va chez le coiffeur et au bordel Sacha, pas au coiffeur et chez le bordel".
Quand j'te proposerai de monter à Lille les mercredis après midi histoire de se faire un shopping,
Quand je te sermonnerai sur l'importance d'avoir de bons résultats scolaire et m'occuperai de tes devoirs chaque soir,
Quand, à la grande stupeur de tes grands-mères je te laisserai jurer à grand coup de bordel de merde de tout ton saoul,
Quand j'accepterai que tes copains/copines squattent la maison tant que tu le veux, j'aime bien les ambiances smala moi,
Quand je te forcerai pas à faire de bisous pour dire bonjour aux gens que tu ne connais pas,
Quand tu m'accompagneras au boulot le mercredi après midi et que tu joueras avec mes gosses,

Je t'attends avec impatience t'sais

Lili

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06 octobre 2006

Zoé et Amélie (par Bruno)

Lettre de Zoé P.

 

Je reçois ce matin une lettre de Mlle Zoé P, qui m'envoie de photos de ses idôles, et me conseille quelques émissions télévisuelles qu'elle ADORE.

 

starac

 

Elle voue à ses propres étoiles un culte qu'elle pense être supérieur à la joie que j'éprouve dans la contemplation de la  prairie. Elle n'a d'ailleurs pas du tout aimé ce que j'ai dit sur la télévision, et me demande de retirer cet article. Elle fait cependant montre de curiosité sur la prairie, et je décide de lui répondre prochainement.

 

***********

 

Amélie

 

amelieAmélie est une enfant. Elle a 4 ans, 7ans ou 12 ans, peu importe. D'Amélie, comme de beaucoup d'enfants, on peut dire qu'elle est gentille, rêveuses, curieuse, capricieuse parfois, gourmande, sensible etc. Mais surtout, d'elle comme de tous les enfants, nous savons une chose: elle est vulnérable. Et ce pour deux raisons. D'abord, physiquement: elle n'a pas la force d'un adulte. Pour cette faiblesse, la société, les adultes, sa famille, la protègent, et quiconque s'avise de faire du mal à Amélie, de la maltraiter, celui là sera puni par la loi. Bien sûr, des Amélie souffrent, et c'est une tristesse immense que de l'imaginer. Mais cette souffrance, ceux qui la causent, sont hors la loi. C'est parfois insuffisant, mais c'est déjà beaucoup.

Mais Amélie est aussi vulnérable psychiquement. Elle n'est pas comme nous. Elle ne dispose pas d'un sens critique, d'un esprit à même de raisonner, de juger, de décider. Un jour elle deviendra adulte, et au terme d'un parcours difficile, elle aura appris la complexité du monde, la vérité et le mensonge, le juste et l'injuste, le bien et le mal. Pour l'instant, son esprit est un éponge, elle absorbe, elle se nourrit de tout ce qu'elle voit, entend, touche...Le monde s'offre à elle, il est merveilleux, il est enchanté. Et Amélie accède aux émotions aux sensations, à la compréhension. Elle est un être humain en construction.

Je ne sais pas ce que vous pensez, vous, de la vie, des choses importantes... Pour ma part, je considère que ce processus par lequelle Amélie va devenir elle même, est peut être ce qu'il y a de plus beau, de plus sacré dans l'existence.

Malheureusement, certains ne pensent pas ainsi. Il existe des adultes pour qui les enfants sont des segments de marché. Pour ces hommes et ces femmes, la vulnérabilité de l'enfant est une chance, et ils ont décidé d'en tirer profit. En toute impunité. Et, comme nous le verrons bientôt, avec notre assentiment.

Bruno

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28 septembre 2006

Je t’aime à en crever (par Tippie)

Je rentre tout juste du travail, a peine ai-je passe la porte que bibou court dans mes bras et m’accueille avec son habituel cri de joie: “MAMAAAAAAAA!”
Il a beau le faire 4 fois par semaine, jamais je ne m’en lasserai. Il m’a attendu toute la journée, c’était long…
Cet enthousiasme, la joie sur son visage, le soulagement aussi un peu. Mon cœur se serre de bonheur et d’amour. Ce que j’aime ce moment.

-"Viens maman… Assieds-toi la, maman… On joue? Dis, on joue? … On regarde Leo et Popi aussi? … C’est Tim qui met le DVD, t’as vu maman?… Tiens, maman, Tim a fait un café pour toi… On joue avec les voitures, d’accord?”
Docile, je me laisse emporter, il me fait asseoir ici, puis la; on se transforme tour à tour en marchands, en cuisiniers, en garagistes ou en docteurs… Lui aussi il m’a manque. Je le picore de bisous des qu’il passe près de moi, je profite qu’il soit occupe quelques minutes a bricoler une voiture pour lui déposer une caresse sur sa tête toute ronde aux cheveux si fins, si doux, sur son visage d’ange. Je souris en voyant son air concentre alors qu’il bidouille son camion, le transformant en ‘machine Senseo’ pour me faire un café. J’aime son génie, son imagination démesurée.
Ce petit bout la, ce petit être plein de vie, plein d’amour, c’est moi qui l’ai fait… Je n’en reviens toujours pas. Neuf mois je l’ai porte en moi, et je le sens encore la, au creux de mes entrailles. Je ressens une grosse bouffée de chaleur et de fierté, mon cœur explose d’amour en le regardant. Ca me fait mal aux tripes quand je pense, quand je réalise, combien je l’aime.

J’ai maintenant un petit seau violet sur la tête en guise de chapeau et on fait les fous en écoutant la chanson des bisounours, on saute, on crie, on danse, on se marre comme des baleines. On se vautre tous les deux dans le canapé et commence une partie de chatouilles endiablée. Bibou crie de joie, feignant de n’en plus pouvoir, il réclame pourtant “encore les chatouilles maman! Encore! Encore!” Je voudrais le faire rire tout le temps, toujours. Son rire cristallin et innocent me réchauffe, me remplit de bonheur. Ce qu’il est beau!
“Je t’aime mon chéri. Tu es l’amour de ma vie…”
“Moi aussi je t’aime maman. Gros comme ça!” Et il se jette dans mes bras, me serre de toutes ses forces. Ses bras autour de mon cou, je sens ses petits poings derrière ma nuque. Je le bisouille partout “Mon amour"…

Mon petit bibou est fatigue. Nous regardons un dernier épisode de Bob the builder en faisant encore un gros câlin, allonges dans le canapé. Bibou engloutit son biberon de chocolat au lait tout en me regardant avec ses petits yeux rieurs. D’une main il me caresse la joue, il me sourit. Il est heureux. Mon cœur se serre de nouveau… Si fort que je manque d’étouffer.
Je le dépose dans son lit avec Petit ours et Bisous le chat, avec Tichien et Po et Tinky Winky, tous ses copains. Encore un bisou. Encore une caresse. Bibou se retourne sur le ventre, se cale dans son lit, enfoui sous la couverture. Quelques minutes plus tard, mon petit ange est déjà parti au pays des rêves rejoindre ses fées, ses châteaux forts et ses trésors. Il est beau quand il dort. Je le regarde encore un moment, tendrement et je quitte la chambre sans bruits.

“Bonne nuit mon amour. A demain. Je t’aime si fort… A en crever!”

Tippie

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18 juillet 2006

J'attends Louise (par Pierre)

J'adore les bébés !!!!! Réellements adorables.
Bon,OK, quand ils sortent du ventre de leur môman, ils sont tout rouges et tout fripés, ça gueule tout le temps ... Mais c'est un bonheur ... J'ai 15 ans, je suis 2 fois grand frère, bientôt trois fois cousin, et je l'espère papa, un jour peut être (mais ca se fait à DEUX, un bébé ...). J'ai même effectué un stage dans une maternelle, une fois ! 1 semaine carrément géniale, que des gens sympas, et des marmots adorables, dont une qui me faisait tout le temps des bisous ... Moi, plus tard, j' veux une fille. Qui serait comme ma petite soeur, le plus grand bonheur de ma vie (je le dis souvent, haut et fort !). J'ai même déja un nom : Louise ... J'y pense très souvent ... Et je l'attends, Louise ... 

Pierre

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13 mai 2006

N'oublie pas mon petit soulier (par Tiphaine)

Mon fils a grandi, mon fils grandit, mon fils va grandir encore. Un petit géant d’un mètre et des affaires qu’il faut ranger dans des cartons parce qu’elles sont trop petites pour lui désormais. J’ai horreur de trier les vêtements, chacun d’eux appelle un souvenir et porte l’empreinte si fragile du corps de mon enfant. J’essaie de ne pas m’attacher mais je m’attache. Fort. Je collectionne compulsivement tout ce qui jalonne la vie de mon fils. J’ai photographié son cordon ombilical mais je ne l’ai pas gardé, mon chéri m’en a empêchée. J’ai noté presque administrativement dans un grand cahier tous ses premiers moments : premier bain, première sortie en poussette, premier cadeau, premier sourire, premier petit pot, première fois qu’il a rencontré untel ou untel, première ballade en voiture, premier tour de manège, première fois qu’il a mangé de la glace, premier biberon, premier fou rire… Et pour chacun de ces moments, je peux de mémoire donner une date, un lieu, des circonstances très précises. Le premier jeu capable de fasciner mon gamin pendant plus de quarante-cinq minutes : un gros paquet de cacahuètes, chopé par ses petites mains de plus en plus agiles sur la table en bois, chez mes parents, le 28 octobre 2003. Je revois son air consciencieux et concentré et les petits carreaux verts de la mosaïque de la cuisine, en arrière plan et jusqu’à l’odeur de l’avocat vinaigrette que nous mangions pendant ce temps là.

Mais le pire, ce ne sont pas les vêtements parce que des habits, ça se donne, ça se reporte. Ma fille se lovera sans doute dans les pyjamas de son grand frère. Non, le pire ce sont les chaussures. Je ne sais rien de plus poignant qu’une paire de chaussures qu’il va falloir jeter. Des chaussures, ça ne se donne pas, ça ne se remet pas. Elles sont faites au pied de l’enfant pas à celui d’un autre. Et me voilà toute conne devant 5 paires de souliers, tous trop petits. Je les observe du coin de l’œil, j’essaie de les éviter mais ils sont là au-dessus de l’armoire et il va bien falloir s’en débarrasser et le plus tôt sera le mieux.

Je suis incapable de le faire. C’est mon chéri qui s’en chargera, c’est un accord tacite entre nous. J’irai faire une course et quand je reviendrai, elles auront disparu et je ne poserai pas de questions. Juste un baiser sur le front de mon homme, de mon héros.

Quand je vois une chaussure d’enfant je prends avec violence toute la mesure du temps. J’ai des images de montagnes de souliers, camps de concentration, manifestations contre les mines anti personnel... Traces de vies effacées, traces de vies brisées.

Je hais les chaussures d’enfant.

Posté par poutouland à 17:40 - (regards sur l'enfance) - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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